Anne-Marguerite Petit du Noyer

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Anne-Marguerite Petit Du Noyer
Titre de noblesse
Madame
Biographie
Naissance

NîmesVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 55 ans)
Leidschendam-Voorburg ou VoorburgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Anne-Marguerite PetitVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Madame de C., Madame Du N, Madame DVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Journaliste, écrivaine, éditriceVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
De la quintessence des nouvelles

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Anne-Marguerite du Noyer[1], née Petit le à Nîmes et morte en , est une journaliste et une femme de lettres française. Elle était surtout connue au XVIIIe siècle par « sa vie aventureuse et mouvementée, dont ses Mémoires donnent une impression probablement déformée, et par une œuvre vaguement romanesque, les Lettres historiques et galantes[2] ».

Biographie

Enfance

Anne-Marguerite Petit est aussi appelée Mme du Noyer ou Mme Dunoyer. Elle est issue d'une famille bourgeoise calviniste.

Sa mère, Catherine Cotton, étant morte peu après sa naissance, Anne-Marguerite fut placée chez sa tante maternelle, Mme Saporta, qui l'adopta à la suite de l'abandon de son père, Jacques Petit. Cette dernière l'éleva dans la religion protestante à Orange et lui donna une éducation très soignée, mais elle se convertit au catholicisme durant les années de persécution des huguenots après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685.

Protestantisme

En 1686, elle épouse Guillaume du Noyer.

Elle doit alors quitter la France une première fois la France sous un déguisement le . Elle s'installe d'abord à Genève, puis à La Haye. Parmi ses visiteurs célèbres figure Voltaire en 1713. Après maintes aventures qu'elle rapporte dans ses Mémoires, elle trouve refuge auprès de son oncle paternel, à La Haye. Mais, Gaspard Cotton, son oncle maternel, riche protestant converti, lui enjoint, quant à lui, de rentrer en France. Là, elle découvre que pendant son absence sa tante Saporta avait abjuré entre les mains de son parent, le célèbre père La Chaise. Elle tente de fuir une seconde fois en emmenant sa tante, mais elles sont arrêtées à Dieppe[3]. Elle se reconvertit au calvinisme en 1701.

Sa confession protestante lui vaut moult persécutions. Elle se déplace et voyage beaucoup en Europe durant toute sa vie. Elle séjourne souvent à Avignon, ville qu'elle apprécie beaucoup et dont elle a laissé des descriptions enthousiastes. Elle apprécie la liberté des mœurs de cette enclave pontificale : « Outre ceux du pays, il y a toujours ici quantité d'étrangers que la curiosité attire et que l'agrément retient. Enfin, il y a ici quantité de femmes de condition ; le sang y est chaud et l'occupation la plus sérieuse dans ce pays c'est de chercher à plaire ; l'amour n'y est point malfaisant ; on ne connaît ni jalousie, ni désespoir ; les maris même pour la plupart sont traitables là-dessus et laissent à leurs femmes la liberté qu'ils prennent eux-mêmes[4]. »

Pionnière dans le journalisme

Anne-Marguerite Petit du Noyer est la première femme journaliste française connue pour sa couverture du traité d'Utrecht en 1713[pas clair][5],[6].

Elle devient l'une des plus célèbres femmes journalistes du début du XVIIIe siècle. Ses rapports sur les négociations menant à la paix d'Utrecht ont été lus dans toute l'Europe et admirés pour la distinction avec laquelle elle rapportait les scandales et les ragots[6],[5].

Vie privée

Elle est la mère d'Olympe du Noyer, ou « Pimpette », née à Nîmes en 1692, dont François-Marie Arouet tombe amoureux à La Haye en 1713[7].

Œuvres

  • De la quintessence des nouvelles
  • Mémoires
  • Lettres historiques et galantes, Pierre Marteau, Cologne, 1707.
  • « Reports (Some Scandalous) from Eighteenth-Century France », éd. et trad. de Nancy O'Connor, New England Review, 28, 2, 2007, p. 109-124 (traduction d’extraits de quelques-unes des Lettres historiques et galantes d’Anne-Marguerite Petit Dunoyer).

Bibliographie

  • La porte, Histoire littéraire des femmes françaises, Paris, 1769, t. III.
  • Imbert de la Platière, Galerie universelle des hommes qui se sont illustrés dans l'empire des lettres…, Paris, 1787-88, no.XXX.

Télévision

Dans la série Les Aventures du jeune Voltaire de 2021, elle est jouée par Stéphane Bissot[8].

Notes et références

  1. https://data.bnf.fr/fr/12081486/anne-marguerite_du_noyer/ Notice BNF Anne-Marguerite Du Noyer (1663-1719)
  2. Suzanna Van Dijk, Traces de femmes. Présence féminine dans le journalisme français du XVIIIe siècle, Holland University Press, Amsterdam & Maarssen, 1988, p.  85
  3. Eugène Haag, La France protestante : Vies des protestants français qui se sont fait un nom dans l'histoire depuis les premiers temps de la réformation jusqu'à la reconnaissance du principe de la liberté des cultes par l'Assemblée nationale; ouvrage précédé d'une notice historique sur le protestantisme en France suivi de pièces justificatives et rédigé sur des documents en grande partie inédits, t. VIII, Paris, Joël Cherbuliez, 1858 (Books-google en ligne).
  4. Anne Bourret-Porée, Demeures secrètes du vieil Avignon, Éd. Équinoxe, Barbentane, 2000, p. 15.
  5. a et b Régine Reynolds-Cornell, Fiction and reality in the Mémoires of the notorious Anne-Marguerite Petit Du Noyer, G. Narr Verlag, (ISBN 3-8233-5527-9 et 978-3-8233-5527-4, OCLC 41375961, lire en ligne)
  6. a et b Olaf Simons, Marteaus Europa, oder, Der Roman, bevor er Literatur wurde : eine Untersuchung des deutschen und englischen Buchangebots der Jahre 1710 bis 1720, Rodopi, (ISBN 90-420-1226-9 et 978-90-420-1226-4, OCLC 47768064, lire en ligne)
  7. Anne Soprani, article « Noyer, Catherine Olympe Petit du », dans Jean Goulemot, André Magnan et Didier Masseau (dir.), Inventaire Voltaire, Paris, Gallimard, 1995, p. 976-977.
  8. AlloCine, « Les Aventures du jeune Voltaire » (consulté le )
  • Suzanna Van Dijk, Traces de femmes. Présence féminine dans le journalisme français du XVIIIe siècle, Holland University Press, Amsterdam & Maarssen, 1988 (ISBN 9030210184)
  • Evelyne Sullerot, Histoire de la presse féminine en France, des origines à 1848, préf. de Jacques Godechot, Librairie Armand Colin, 1966.
  • Serge Velay (dir.), Michel Boissard et Catherine Bernié-Boissard, Petit dictionnaire des écrivains du Gard, Nîmes, Alcide, , 255 p. (présentation en ligne), p. 188-189

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